Le genou est l'articulation la plus volumineuse et l'une des plus sollicitées du corps humain. Soumis aux contraintes de la marche, de la course, des montées d'escaliers et de nombreuses activités sportives, il est fréquemment le siège de douleurs. Mais toutes les douleurs de genou n'ont pas la même cause. Comprendre l'origine de votre douleur est la première étape vers un traitement efficace.
L'arthrose du genou (gonarthrose)
L'arthrose est la cause la plus fréquente de douleur de genou chez les personnes de plus de 50 ans. Il s'agit d'une usure progressive du cartilage articulaire, cette fine couche de tissu qui recouvre les surfaces osseuses et permet un glissement sans frottement. Lorsque le cartilage s'amincit, les os frottent l'un contre l'autre, provoquant douleur, raideur et gonflement.
Les symptômes typiques sont une douleur mécanique (aggravée à l'effort, soulagée au repos), une raideur matinale de courte durée (moins de 30 minutes), un gonflement intermittent et des craquements à la mobilisation. Les facteurs de risque incluent l'âge, le surpoids, les antécédents de traumatisme et certaines activités professionnelles ou sportives.
Le traitement de l'arthrose est multimodal : kinésithérapie pour renforcer les muscles stabilisateurs, perte de poids si nécessaire, adaptation de l'activité physique, et dans certains cas, infiltrations échoguidées de corticostéroïdes pour soulager les poussées inflammatoires, d'acide hyaluronique (viscosupplémentation) pour lubrifier l'articulation, ou de PRP (plasma riche en plaquettes) pour stimuler la régénération tissulaire. L'échographie permet de visualiser l'épanchement articulaire et de guider les infiltrations avec une précision optimale.
Les lésions méniscales
Les ménisques sont deux coussinets de fibrocartilage en forme de croissant situés entre le fémur et le tibia. Ils jouent un rôle d'amortisseur et de stabilisateur du genou. Une lésion méniscale peut survenir lors d'un traumatisme sportif (torsion du genou, réception de saut) ou progressivement avec l'âge (ménisque dégénératif).
Les signes évocateurs sont une douleur localisée sur le côté interne ou externe du genou, un gonflement progressif, des sensations de blocage ou d'accrochage, et parfois une impossibilité de tendre complètement le genou. Un craquement au moment du traumatisme est fréquent.
Le diagnostic repose sur l'examen clinique (tests méniscaux de McMurray, Apley) et l'imagerie. L'échographie peut mettre en évidence un épanchement associé et guider une éventuelle ponction. L'IRM reste l'examen de référence pour visualiser la lésion méniscale elle-même. Le traitement dépend du type de lésion : les fissures stables et les lésions dégénératives répondent souvent au traitement conservateur (kinésithérapie, anti-inflammatoires, infiltrations), tandis que les ances de seau et les blocages méniscaux peuvent nécessiter une arthroscopie.
Les lésions ligamentaires
Le genou possède quatre ligaments principaux : le ligament croisé antérieur (LCA), le ligament croisé postérieur (LCP), le ligament latéral interne (LLI) et le ligament latéral externe (LLE). Les lésions ligamentaires surviennent généralement lors de traumatismes sportifs.
Entorse du ligament croisé antérieur (LCA)
C'est la lésion ligamentaire la plus redoutée. Elle survient typiquement lors d'un changement de direction brusque, d'une réception de saut ou d'un contact. Le patient rapporte souvent un craquement audible, un gonflement rapide (hémarthrose) et une sensation d'instabilité. Le traitement dépend du niveau d'activité du patient : rééducation fonctionnelle pour les personnes sédentaires, chirurgie reconstructrice pour les sportifs souhaitant reprendre les pivots et les contacts.
Entorse du ligament latéral interne (LLI)
Plus fréquente mais souvent moins grave, l'entorse du LLI survient lors d'un traumatisme en valgus (force poussant le genou vers l'intérieur). La douleur est localisée sur la face interne du genou. Le traitement est le plus souvent conservateur : attelle, rééducation, retour progressif au sport. L'échographie permet de visualiser directement le LLI et d'évaluer la gravité de l'atteinte.
Les tendinites du genou
Tendinite rotulienne (genou du sauteur)
Le tendon rotulien relie la rotule au tibia. Sa tendinite est fréquente chez les sportifs pratiquant des activités avec impulsions et réceptions répétées : basket, volley, course à pied, football. La douleur siège sous la rotule, est aggravée par les sauts, les squats et la descente des escaliers. Le traitement associe repos relatif, kinésithérapie (protocoles excentriques) et éventuellement infiltration de PRP échoguidée.
Tendinite de la patte d'oie
La patte d'oie est le point d'insertion commun de trois tendons (sartorius, gracile, semi-tendineux) sur la face interne du tibia, juste sous le genou. Sa tendinite provoque une douleur en dessous et en dedans du genou, souvent confondue avec une lésion méniscale interne. Elle est fréquente chez les coureurs, les cyclistes et les personnes souffrant de gonarthrose.
Le syndrome fémoro-patellaire (genou du coureur)
Ce syndrome est l'une des causes les plus fréquentes de douleur antérieure du genou, particulièrement chez les coureurs et les jeunes adultes. La douleur se situe autour ou derrière la rotule et est aggravée par la station assise prolongée (signe du cinéma), la descente d'escaliers, les squats et la course en descente. La cause est un mauvais coulissement de la rotule dans sa gouttière fémorale, souvent lié à un déséquilibre musculaire (faiblesse du vaste interne) ou à des troubles d'alignement du membre inférieur.
Le traitement est avant tout fonctionnel : renforcement ciblé du quadriceps (en particulier le vaste interne), étirements des ischio-jambiers et du quadriceps, correction des facteurs biomécaniques (semelles, modification de la foulée) et adaptation du volume d'entraînement.
Quand s'inquiéter ? Les signes d'alerte
Certains symptômes doivent vous amener à consulter rapidement un médecin du sport :
- Gonflement rapide après un traumatisme (dans les 2 heures) : évoque une hémarthrose, signe de lésion ligamentaire ou méniscale grave.
- Blocage du genou : impossibilité de tendre ou de plier complètement le genou, évoquant une anse de seau méniscale ou un corps étranger intra-articulaire.
- Instabilité ou lâchage : sensation que le genou se dérobe, suggérant une atteinte ligamentaire.
- Douleur au repos ou nocturne persistante : peut témoigner d'une pathologie inflammatoire ou, rarement, d'une cause plus sérieuse nécessitant un bilan approfondi.
- Genou rouge, chaud et très gonflé : évoque une inflammation aiguë (poussée d'arthrose, arthrite) nécessitant un diagnostic précis.
L'approche diagnostique au centre HYVIA Santé
Au centre HYVIA Santé, le diagnostic de votre douleur de genou suit un parcours structuré :
- 1Interrogatoire détaillé : circonstances de survenue, type de douleur, facteurs aggravants et soulageants, impact fonctionnel, antécédents.
- 2Examen clinique complet : inspection, palpation, tests ligamentaires, tests méniscaux, évaluation de la rotule, analyse de la marche.
- 3Échographie en consultation : visualisation des tendons (rotulien, quadricipital, patte d'oie), des ligaments latéraux, des bourses, d'un éventuel épanchement et des structures péri-articulaires.
- 4Orientation complémentaire si nécessaire : prescription d'IRM pour les structures profondes (ligaments croisés, ménisques), de radiographies en charge pour évaluer l'arthrose.
Traitement conservateur vs chirurgie
La bonne nouvelle : la grande majorité des douleurs de genou se traitent efficacement sans chirurgie. Le traitement conservateur associe kinésithérapie, adaptation de l'activité, et si nécessaire, infiltrations échoguidées de corticostéroïdes pour les poussées inflammatoires, d'acide hyaluronique pour l'arthrose, ou de PRP (plasma riche en plaquettes) pour les tendinopathies chroniques et la régénération tissulaire.
Dans nos centres HYVIA Santé, nous disposons de blocs interventionnels permettant de réaliser ces gestes dans des conditions optimales. Nous pouvons ainsi proposer un traitement conservateur complet dans la plupart des cas, du diagnostic échographique jusqu'à l'infiltration, en un seul parcours de soins.
La chirurgie est réservée aux situations où le traitement conservateur échoue ou aux lésions structurelles spécifiques : rupture du LCA chez le sportif, anse de seau méniscale bloquée, arthrose sévère résistant à tous les traitements (prothèse de genou). Dans tous les cas, le médecin du sport évalue avec vous le rapport bénéfice-risque et vous oriente vers la meilleure stratégie thérapeutique.
N'attendez pas que votre douleur de genou devienne invalidante. Prenez rendez-vous au centre HYVIA Santé pour un diagnostic précis et une prise en charge personnalisée.