L'arthrose du genou, ou gonarthrose, est la forme d'arthrose la plus fréquente. Elle touche environ 10 millions de Français et constitue une cause majeure de douleur et de handicap fonctionnel. Si elle ne se guérit pas, de nombreuses solutions existent aujourd'hui pour soulager la douleur et préserver la mobilité. Cet article fait le point sur cette pathologie et les traitements disponibles.
Qu'est-ce que l'arthrose du genou ?
L'arthrose est une maladie articulaire caractérisée par la dégradation progressive du cartilage qui recouvre les extrémités osseuses. Dans le genou, trois compartiments peuvent être touchés :
- Fémoro-tibiale interne (la plus fréquente) : entre le fémur et le tibia, côté intérieur du genou.
- Fémoro-tibiale externe : entre le fémur et le tibia, côté extérieur.
- Fémoro-patellaire : entre le fémur et la rotule, responsable de douleurs à la montée/descente d'escaliers.
Le cartilage, normalement lisse et résistant, se fissure, s'amincit puis disparaît progressivement. L'os sous-jacent se modifie, des ostéophytes (excroissances osseuses) apparaissent, et la membrane synoviale peut s'inflammer, provoquant des poussées douloureuses avec épanchement articulaire.
Les stades de la gonarthrose
L'arthrose du genou évolue classiquement en quatre stades radiologiques (classification de Kellgren-Lawrence) :
Léger pincement articulaire, possible ostéophyte minime. Douleur occasionnelle après effort intense.
Pincement net, ostéophytes visibles. Douleur régulière à l'effort, raideur matinale de courte durée.
Pincement sévère, ostéophytes importants, sclérose osseuse. Douleur fréquente, limitation fonctionnelle, boiterie possible.
Disparition quasi-totale du cartilage, contact os-sur-os. Douleur au repos, déformation articulaire, discussion chirurgicale.
Symptômes caractéristiques
La gonarthrose se manifeste par un ensemble de symptômes qui s'aggravent progressivement :
- Douleur mécanique : augmentée par l'effort (marche, escaliers, station debout prolongée) et soulagée par le repos. Elle prédomine en fin de journée.
- Raideur matinale : sensation de « dérouillage » au réveil, durant moins de 30 minutes (contrairement aux rhumatismes inflammatoires).
- Craquements articulaires : sensations de frottement ou crépitations lors de la flexion-extension.
- Gonflement du genou : lié à un épanchement articulaire lors des poussées inflammatoires.
- Limitation de mobilité : difficulté à plier complètement le genou ou à l'étendre totalement.
- Instabilité : sensation de « lâchage » ou de faiblesse du genou dans les stades avancés.
Facteurs de risque
Certains facteurs augmentent le risque de développer une gonarthrose :
- Age : le risque augmente significativement après 50 ans.
- Surpoids et obésité : chaque kilo supplémentaire multiplie par 4 la contrainte sur le genou à la marche.
- Sexe : les femmes sont plus touchées, surtout après la ménopause.
- Antécédents traumatiques : fractures, entorses graves, lésions méniscales ou ligamentaires.
- Troubles de l'axe : genu varum (jambes arquées) ou genu valgum (genoux en X).
- Activités professionnelles : métiers avec port de charges lourdes, position accroupie fréquente.
- Sports intensifs : football, rugby, course à pied à haut volume sur sol dur.
- Hérédité : composante génétique dans la qualité du cartilage.
Diagnostic : examen clinique et échographie
Le diagnostic de la gonarthrose repose sur :
L'examen clinique
Le médecin évalue la douleur, la mobilité articulaire, la stabilité ligamentaire, la présence d'un épanchement et l'axe des membres inférieurs. L'interrogatoire précise le type de douleur (mécanique vs inflammatoire), son ancienneté et son retentissement fonctionnel.
L'échographie articulaire
L'échographie, réalisée au cabinet, permet de visualiser en temps réel l'épanchement articulaire, l'épaisseur du cartilage résiduel, les ostéophytes, l'inflammation de la membrane synoviale et les structures péri-articulaires (tendons, ménisques). C'est un examen rapide, indolore et non irradiant, idéal pour le suivi.
La radiographie
Les radiographies du genou en charge (debout) restent l'examen de référence pour évaluer le stade de l'arthrose selon la classification de Kellgren-Lawrence. Elles montrent le pincement articulaire, les ostéophytes et les remaniements osseux.
Options thérapeutiques
1. Mesures hygiéno-diététiques
La prise en charge commence toujours par des mesures non médicamenteuses :
- Perte de poids : perdre 5 % du poids corporel réduit significativement la douleur.
- Activité physique adaptée : natation, vélo, aquagym, marche nordique.
- Chaussage adapté : semelles orthopédiques pour corriger les troubles de l'axe.
- Économie articulaire : éviter les positions accroupies prolongées, utiliser une canne si nécessaire.
2. Kinésithérapie
La rééducation est un pilier du traitement. Elle vise le renforcement du quadriceps et des ischio-jambiers, l'entretien de la mobilité articulaire et le travail proprioceptif pour stabiliser le genou.
3. Mésothérapie
La mésothérapie consiste en micro-injections superficielles de médicaments autour du genou. Elle est particulièrement utile dans les stades précoces à modérés, en entretien entre les poussées, et pour les patients souhaitant éviter les corticoïdes.
4. Infiltrations
Les infiltrations échoguidées représentent un traitement de référence :
- Corticoïdes : anti-inflammatoire puissant, soulagement rapide (24-72h) d'une poussée aiguë. Maximum 3/an.
- Acide hyaluronique (viscosupplémentation) : « lubrifiant » articulaire injecté en 1 à 3 séances. Effet progressif sur 3-6 mois, renouvellement annuel.
- PRP (Plasma Riche en Plaquettes) : injection de facteurs de croissance issus du sang du patient. Approche émergente, résultats prometteurs dans les stades précoces.
5. Traitement médicamenteux
En complément : paracétamol en première intention, anti-inflammatoires (AINS) en cure courte lors des poussées, antalgiques de palier 2 si nécessaire. Les anti-arthrosiques d'action lente (chondroïtine, glucosamine) peuvent être proposés bien que leur efficacité soit débattue.
6. Chirurgie : quand l'envisager ?
La chirurgie (prothèse de genou) est envisagée en dernier recours, lorsque :
- La douleur est permanente, résistante aux traitements médicaux bien conduits.
- Le retentissement fonctionnel est majeur (périmètre de marche très limité).
- L'arthrose est au stade 3-4 avec destruction importante du cartilage.
- La qualité de vie est significativement altérée.
La décision est toujours pluridisciplinaire, en concertation entre le médecin traitant, le rhumatologue et le chirurgien orthopédique.
L'accompagnement HYVIA Santé
Notre centre médical propose une prise en charge complète de l'arthrose du genou :
- Diagnostic précis par examen clinique et échographie articulaire sur place.
- Infiltrations échoguidées de corticoïdes ou d'acide hyaluronique.
- Mésothérapie pour les formes débutantes et en entretien.
- Suivi régulier pour adapter le traitement à l'évolution.
- Orientation vers un spécialiste si nécessaire.
N'attendez pas que la douleur devienne invalidante : plus le diagnostic est précoce, plus les traitements conservateurs sont efficaces. Prenez rendez-vous pour un bilan articulaire.
Questions fréquentes
L'arthrose du genou peut-elle guérir ?
L'arthrose est une maladie chronique qui ne guérit pas au sens strict, mais elle peut être efficacement contrôlée. Les traitements actuels (rééducation, infiltrations, mésothérapie, viscosupplémentation) permettent de soulager la douleur, de ralentir la progression et de maintenir une bonne qualité de vie pendant de nombreuses années. Un diagnostic précoce et une prise en charge adaptée font toute la différence.
Peut-on faire du sport avec une arthrose du genou ?
Oui, et c'est même recommandé. L'activité physique régulière renforce les muscles qui protègent l'articulation, améliore la mobilité et réduit la douleur. Privilégiez les sports à faible impact : natation, vélo, aquagym, marche, yoga. Évitez les sports avec sauts, pivots et impacts répétés (course sur bitume, football, tennis). Demandez conseil à votre médecin pour un programme adapté.
Combien d'infiltrations peut-on faire par an pour le genou ?
Pour les infiltrations de corticoïdes, on recommande un maximum de 3 par an et par articulation, espacées d'au moins 6 semaines. Pour la viscosupplémentation (acide hyaluronique), un cycle de 1 à 3 injections est réalisé une fois par an. Votre médecin adaptera le protocole en fonction de votre réponse au traitement et de l'évolution de votre arthrose.